Vers une extension du stationnement payant ?

Comme le disait Jeanne à vélo dans un précédent billet, il ne se passe pas grand chose en matière d’amélioration de la condition des piétons et des cyclistes à Orléans. La comité vélo qui devait se dérouler au milieu du mois de janvier a été reporté sine die pour cause de couvre-feu. Orléans Métropole et ses élus ne disposent-ils plus de moyens informatiques adaptés ? S’il ne se passe rien sur le terrain , en revanche, cela phosphore au niveau des demandes d’étude dans le domaine de la mobilité urbaine. Sur le site des appels d’offre d’Orléans métropole, nous apprenons qu’une étude est lancée pour une nouvelle politique de stationnement.

Les enjeux de la consultation : attention à la crise de schizophrénie

J’ai relu plusieurs fois ce deuxième paragraphe : Orléans veut une politique tarifaire incitative tout en renforçant l’attractivité du coeur de ville pour un meilleur report modal. Il y a deux lectures possibles :

  • Celle que j’aimerais : le stationnement dorénavant coûtera une blinde, en revanche on incitera les citadins à enfourcher un vélo ou à grimper dans un tram. Je n’y crois pas un instant au regard des derniers débats en conseil municipal et à la politique pro-bagnole rue Landreloup (j’ai hâte de lire ton billet Jeanne à vélo).
  • Celle que je subodore : le stationnement étant un sujet de crispation dans les réunions de quartier, on va y aller crescendo et si Vitrines d’Orléans et sa caisse de résonance auprès des clients orléanais et les riverains se roulent par terre on fait machine arrière.

Encore, une fois, les élus d’Orléans font preuve d’une certaine schizophrénie. Ils veulent ménager les commerçants de centre ville tout en autorisant au fil des années la création de nouvelles surfaces commerciales en périphérie. Pour les riverains, l’alpha et l’oméga de chaque requalification d’une rue est le nombre de places de stationnement, le reste étant accessoire. Pour éviter de perdre des voix, les élus rabotent les trottoirs et empêchent toute refonte du plan de circulation.

Quelques chiffres : Orléans est un parking géant

On apprend qu’il y a à Orléans :

  • 3240 places de stationnement payant en voirie

Le stationnement payant est limité à l’intra-mail : ce sont les zones oranges, bleues et vertes. 3240 places de stationnement en voirie uniquement pour le centre ancien. On a du mal à imaginer le nombre total de stationnement en voirie pour toute la ville : Les rues d’Orléans sont en fait un vaste parking gratuit.

  • 6360 places de stationnement payant en ouvrage

Le centre ancien cumule environ 7000 places de stationnement payant (voirie et ouvrage) pour 17000 habitants. On constate une absence totale de parking en ouvrage pour les quartiers résidentiels. Tout a été orienté commerces et tourisme. Au final, dans les quartiers voisins, on a des rues et des trottoirs transformés en parking gratuit géant puisque peu de maisons individuelles sont équipées de stationnement et que le taux d’équipement en voiture des foyers ne baisse pas.

Extension de la zone payante : la bonne nouvelle ?

Carte de l’extension de la zone payante

Je ne vais pas vous mentir : c’est plutôt une bonne nouvelle. A titre personnel, j’aurais inclus toute la ville. Le stationnement résidentiel est une privatisation d’espace public et empêche le développement des autres mobilités. Je me demande comment vont réagir les riverains drogués au stationnement gratuit quand la nouvelle va tomber ? Si elle tombe un jour…

Un effet de bord sera la justification de la verbalisation des GCUM : un véhicule garé sur un trottoir en zone payante ne pourra pas y échapper… Quoique s’il paye son abonnement mensuel, on se dirige vers peut-être encore plus de tolérance.

La lutte contre le non paiement

On lit que 35000 FPS sont dressés chaque année. FPS est l’acronyme barbare qui désigne forfait post stationnement. En revanche, un silence absolu sur le phénomène GCUM qui pollue tous les quartiers de la ville et dont la mairie ne semble pas en faire un cheval de bataille. Tu veux garer gratuitement en ville sans risquer un PV : gare toi sur un trottoir !

Qui écouter pour changer la politique de stationnement ?

On note une pointe de no car = no business dans la liste des entités concernées par les entretiens ciblés, non ?

Qu’en conclure ?

Même si ce n’est qu’une étude préliminaire, on peut dire que cette réforme et notamment cette extension de la zone de stationnement payant est une avancée. Malheureusement, on ne peut dissocier le stationnement des autres mobilités et ce n’est pas le cas. Ce travail en silo amènera des résultats incomplets. Le stationnement des vélos n’est pas du tout abordé par exemple. Tout automobiliste qui descend de sa voiture devient un piéton… Quid de la largeur des trottoirs pour préserver du stationnement ? Combien de trottoirs ne sont pas aux normes à Orléans ?

4 commentaires sur “Vers une extension du stationnement payant ?

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  1. Le stationnement vélo est bien abordé dans la partie « Stratégie de services à l’usager » :

    « L’opportunité d’apporter de nouveaux services aux usagers des parcs de stationnement comme le stationnement vélo résidentiel »

    Ce qui est relativement peu ambitieux car les besoins en la matière ne se trouvent pas uniquement près des parkings en ouvrage.

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  2. Sur la carte des aires de stationnement en sous-sol, on voit qu’il en manque à l’est : je propose de reconvertir l’hôtel de la démesure mégapolitaine en parc de stationnement gratuit (avec l’argent économisé en émoluments et études bidons, la gratuité est valable 20 ans).

    De même, il en manque au moins un au sud de Loire : je propose à la place du Labo, d’un côté, le centre météOr est trop au sud pour être ré-affecté, je propose donc que deux ou trois immeubles du quartier Pompidou soient recyclés en aire de stationnement ouvragée, c’est raccord avec l’époque de nos édiles et du personnage. En plus, c’est au centre de la zone.

    Au delà, il serait intéressant de connaitre le nombre de maison qui ont été achetées « avec garage » et combien de ces même maisons « ont déclaré » depuis une extension du domaine habitable ?

    JPB

    J'aime

  3. Merci pour ce billet dont je partage le point de vue.
    Une ville apaisée passe par la redistribution des espaces au profit des piétons, puis des cyclistes et autres EDPM (même si un gros travail d’éducation et de verbalisation devra tôt ou tard être fait, avec la sévérité nécessaire au réapaisement des trottoirs qu’on perd vraiment à Orléans), la mise au rebus des bagnoles dans les parkings souterrains et une hiérarchisation qui ne doit pas rendre un trajet en voiture plus simple, plus rapide et plus sécure que par un autre mode de déplacement.
    Je suis très étonné de la bienveillance totale avec laquelle la ville traite par exemple le quartier Dunois, un modèle du genre en matière de non-politique de stationnement ET DONC de stationnement anarchique, et pas seulement à la nuit tombée. Tout cela se fait évidemment au détriment des piétons de tous âges, mais plus globalement de notre cadre de vie à tous. Il n’y a qu’à voir les chaussées défoncées, les nids de poule qui, je pense, n’ont pas été provoqués par mes [nombreux] passages à vélo, par les poussettes et autres piétons.
    Il y a quelques années, on a su construire en un temps record le parking du Cheval Rouge pour faire plaisir aux commerçants du centre-ville. Le stationnement payant en voirie a également été instauré dans la douleur (douleur pour la modique somme de 20€ par mois pour les résidents…), mais je crois qu’il n’est plus remis en cause maintenant. Tu stationnes = tu paies. Il me semble aujourd’hui que chaque habitant du centre-ville dispose à proximité de son domicile d’un parking payant à des tarifs assez raisonnables.

    Pendant ce temps-là, on marche quelques pas, on traverse les boulevards, et là, autre monde, autres moeurs, personne ne semble s’émouvoir de voir Dunois littéralement défiguré par la masse de bagnoles qui y stationnent jour et nuit à cheval sur des trottoirs pourtant peinturlurés de lignes jaune, sans la moindre verbalisation. Je pense par exemple à la rue Caban ou à la rue de Lahire, où leurs habitants n’ont pas dû voir la marque d’un PV sur leur pare-brise depuis le siècle dernier tant c’est le bordel. On se gare comme ça au pied de son immeuble, on privatise le trottoir quand on rentre du boulot, comme ça, tranquille. Quel intérêt ceux-là auraient-ils à payer pour stationner proprement plus loin ?
    Je pense également à la place Colas des Francs, entre les rues Xaintrailles et Foch, massacrée par les bagnoles nuit et jour, mais le tableau est flagrant à la nuit tombée, et qui pourtant, avec une ambitieuse politique du potelet, virerait sans trop de difficultés ses trop nombreux SUV et tanks de chasse pour la rendre aux piétons, aux promeneurs, installer quelques bancs au pied de ses magnifiques tilleuls… et lui redonnerait le lustre qu’elle mérite…
    Comment les habitants de si jolis lieux peuvent-ils accepter la vue et l’odeur d’autant de bagnoles à la porte de leurs maisons… ? Ca m’échappe totalement…

    Aimé par 3 personnes

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