A qui appartiennent les rues d’Orléans?

A chaque réhabilitation d’une rue, le processus est identique à la parade des fêtes johanniques : immuable . Il faut recueillir l’avis des Orléanais. C’est la grand messe de la démocratie participative où l’élu veut que chaque habitant puisse faire connaître son avis. Mais est-ce que ce mode de décision sert l’intérêt commun et prend en compte l’ensemble des mobilités? Rien n’est moins sûr…

Flyer distribué aux riverains seulement

LA MAIRIE FAVORISE LA PENSEE UNIQUE

La mairie fait le choix de distribuer cette invitation uniquement aux seuls riverains de la zone où auront lieu les travaux et comme personne ou presque ne fréquente assidument le site internet de la métropole, le spectre des avis reçus en amont sera très étroit alors qu’il devrait être large pour recueillir l’ensemble des sensibilités. La conséquence immédiate de cette stratégie est que la mairie recense uniquement les avis de personnes qui habitent la rue concernée et donc qui ont les mêmes préoccupations. Pire, le mode de concertation retenu par la mairie (présence physique un soir en semaine) va de facto exclure la majeure partie des usagers : les actifs et les jeunes. Sous couvert d’un débat ouvert à tous, la mairie va au contraire favoriser la pensée unique. Cette méthodologie est d’ailleurs décrite dans un article intitulé Ethnographies de la participation.

QUI EST LE PARTICIPANT TYPE ?

Comme expliqué auparavant, le participant type habitera la rue concernée.

Quel âge a-t-il? Pour Orléans, pas de donnée statistique mais uniquement de l’empirisme : les séniors sont les participants les plus assidus aux réunions organisées par la mairie. A chaque réunion à laquelle j’ai participée, la moyenne d’âge des participants était supérieure à 60 ans. Cet empirisme orléanais est légitimé par une étude menée lors d’une table ronde organisée au Sénat qui aborde la « confiscation » de la démocratie par les plus âgés.

L’avis recueilli par la mairie d’Orléans pour toute requalification de la chaussée proviendra donc d’une personne âgée qui habite la rue.

QUELLES CONSEQUENCES ?

Prenons l’exemple de la rue des Beaumonts dont la requalification est à l’étude. Jeanne à Vélo a retranscrit la nature des débats au travers d’un billet.

A la simple évocation de trottoirs aux normes (ce qui est simplement le respect de la loi) et de la possibilité de créer un parcours cyclable lors de la requalification, les participants présents ont tancé les élus et ont exprimé vertement leur désapprobation. Pourquoi ? Parce que le stationnement résidentiel gratuit sur la chaussée pourrait disparaître pour faire de la place autres mobilités au profit de TOUS les Orléanais. Est-ce que l’on a assisté à un contre argumentaire de la part des piétons et des cyclistes empruntant cette rue ? NON. Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’ils n’ont pas été conviés à la table des débats.

A titre personnel, j’emprunte cette rue pour me rendre au marché Madeleine à pied. Est-ce que j’aimerais que les trottoirs soient plus larges? OUI. Est-ce que mon avis a été demandé ? NON. Le recensement des avis est biaisé par l’individualisme qui prévaut. La somme des individualités ne représentera jamais l’intérêt commun, surtout quand il s’agit de faire des arbitrages.

Ce mode de participation a déjà nui aux mobilités douces par le passé. Lors de la requalification de la rue Serenne, la mairie a mis en avant le sauvetage de 11 places de stationnement au profit exclusif des habitants de la rue. Elle envoie donc un signal fort aux habitants des rues : Ne vous inquiétez pas, la chaussée vous appartient!

Les écoliers de la rue des Murlins qui eux aussi empruntent cette rue auraient sûrement aimé avoir des trottoirs plus larges et un double sens cyclable….

3 commentaires sur “A qui appartiennent les rues d’Orléans?

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  1. À la lecture de ton billet, je me dis que nous sommes bien loin de la démocratie des « budgets participatifs » tels que pratiqués à Porto Alegre au début des années 90, un budget qui permettait de contre-balancer les décisions prise par la « démocratie associative ».

    Sans aller aussi loin, en restant à Orléans, on voit bien, rue Duvillard pour ne donner qu’un seul exemple dans le même quartier, que la mairie fait n’importe quoi. Elle est incapable de suivre une ligne directrice d’un « plan » organisationnel ; ainsi faisant, les cyclistes sont passés d’une circulation à angle droit sur une trottoir à circulation dans un chaussidou relier à bien peu de chose, sauf dans la tête de quelques édiles qui doivent imaginer ça « pour aller à l’école ».

    Par ailleurs, quand tu cites Freud, il faut le dire : « Cet empirisme orléanais est légitimé par une étude menée lors d’une table ronde organisée au Sénat qui aborde la « confiscation » de la démocratie par les plus âgés. »
    😀

    JPB

    Aimé par 1 personne

    1. Pour avoir assisté à une réunion concernant la rue Gabelle, la mairie est passée en force.
      Face à la bronca des participants, un élu a lancé : « On n’est pas obligés de vous consulter »…. Ambiance!

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      1. Donc quand ça les arrange, ils font du pas trop mauvais (le chaussidou, même s’il es relié à rien), quand ils pensent « électeurs », ça donne les Beaumonts ou les 3 potelets du 41 de la rue des Murlins, et quand ils s’en foutent, c’est la mégalopole qui a décidé comme rue de Bransles à St Denis en Val.

        Ce n’est plus une mairire, c’est un champ de girouette.

        J’aime

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