Tentative d’analyse comportementale du stationnement gênant dans le quartier Dunois

Avant de commencer cette analyse, plantons le décor! Le quartier Dunois est borné au sud par la (trop passante) rue du Faubourg Saint Jean et le (trop bruyant) boulevard Rocheplatte, à l’ouest et au nord par le (presque cyclable) boulevard de Châteaudun et à l’est par la rue (délabrée) du Faubourg Bannier. L’histoire de ce quartier est racontée sur le site de l’association SCEVE. Nous apprenons que les rues secondaires et les constructions datent du début du XXème siècle. Le quartier est prisé pour son calme, sa verdure, ses venelles… Pour faire court, ce quartier n’a jamais été pensé ou façonné pour la voiture : rues étroites, peu de garages privatifs et faible offre de stationnement public.

Autre particularité, le quartier vote fortement en faveur de l’actuelle majorité municipale comme l’attestent les résultats des bureaux de vote numérotés de 20 à 27. Faut-il y voir un quelconque lien avec la très grande clémence dont fait preuve la police municipale envers le stationnement gênant ? Sans preuve formelle, impossible de livrer une opinion sur la place publique. Par ailleurs, ce billet n’est pas là pour répondre à cette question mais plutôt d’entreprendre, avec mon humble expérience, une analyse comportementale du phénomène GCUM dans le quartier Dunois. Car selon moi, il y a différentes catégories au sein de ces individus.

Qu’est ce qu’une incivilité ?

Hugues Lagrange définit les incivilités comme étant « des actes et des comportements visibles dans les espaces ouverts au public, perçus comme des nuisances ou des désagréments par la majorité de la population, mais qui ne font pas en général l’objet de poursuites bien qu’ils constituent, dans la plupart des cas, des infractions ». On ne peut que donner raison à monsieur Lagrange sur le fait que le GCUM est bien trop rarement sanctionné.

Il y a deux catégories chez le GCUM : il y a le mal élevé ou appelé sauvageon et il y a ceux qui « appartiennent au contraire au milieu hautement cultivé, distingué, et bénéficient dans la plupart des cas d’une éducation impeccable. Autant dire qu’il est question d’individus irréprochables. Et pourtant, ces citoyens au-dessus de tout soupçon commettent, et ce de plus en plus souvent, des actes qui entrent dans la catégorie de ce que j’appellerai l’incivilité cognitive » explique Judith Lazar dans une revue spécialisée. Maintenant allons voir comment se comportent ces spécimens aux commandes d’un engin motorisé dans le quartier Dunois.

Le mal élevé

C’est le cas le plus exaspérant car stationnement disponible ou non, le sauvageon viendra poser son engin là où bon lui semble sans avoir aucune espèce de compassion pour les autres.

Gêner ne le dérange pas tant que son plaisir personnel est assouvi voire même il éprouve une certaine fierté à enquiquiner les autres. Heureusement pour ses concitoyens, le mal élevé, le vrai, ne court pas tant les rues que ça. Mon expérience personnelle a tendance à montrer que dans le quartier Dunois les deux roues motorisés sont majoritaires chez les mal élevés.

LE VEHICULE DE CHANTIER

Perfide le professionnel, il a toujours une bonne excuse pour ne pas être pris en défaut. Il n’a jamais le temps, il court de chantier en chantier. En fait, il se moque éperdument de nous! Combien prennent la peine de réserver des places de stationnement résidentiel pour effectuer leur travail? Très peu. Et comme le professionnel a un gros véhicule, il fait en sorte de ne surtout pas gêner la circulation automobile au détriment des piétons.

LE PARENT D’ELEVE

Celui-là tout le monde le connaît : il se pointe à 16h30 rue des Murlins en espérant trouver une place juste devant l’école de ses enfants. Car c’est bien connu les écoles de cette rue et du quartier n’accueillent que des élèves qui ont des troubles moteurs et qui ne peuvent pas marcher quelques mètres. Si ce n’est pas l’excuse du rejeton qui ne supporte pas trois gouttes de pluie sur le veston, c’est la faute des bouchons en ville qui feront arriver en retard au travail ou au cours de danse de la petite dernière.

La grande particularité du parent d’élève est qu’il se fiche des autres enfants. Seul le sien peut bénéficier de tout le confort et de toute la sécurité pour se déplacer, les autres ne l’intéressent pas, ils doivent donc s’écarter du chemin

LE RIVERAIN

Le riverain s’estime toujours dans son bon droit. Il pense que le trottoir en face de sa maison est une prolongation de sa propriété privée et que donc seul lui peut garer son véhicule sur le trottoir à cet endroit. D’ailleurs, certains riverains interpellent le maire pour lui demander d’élargir de quelques centimètres le bateau devant leur sortie de garage afin qu’ils puissent stationner non pas un seul véhicule mais deux. Celui là s’estime intouchable car c’est sa sortie de garage et c’est son trottoir! Puisqu’il vous le dit…

LE SPECIALISTE DU PASSAGE PIETON

Vous pensez qu’il sort en courant de sa voiture et qu’il se dépêche pour ne pas trop déranger le piéton ? Que nenni! Il sort de son automobile avec un flegme remarquable puisque toute chaussée goudronnée doit uniquement être réservée à l’usage exclusif des voitures. Toutefois, seule la place Dunois est frappée majoritairement par ce phénomène.

Parfois les catégories se juxtaposent…

LE TOTEM D’IMMUNITE

Caducée, feux de de détresse, tous les artifices sont bons pour être au dessus de toute cette réglementation mortifère pour le déplacement en voiture. Le GCUM en mode totem d’immunité s’estime protégé et s’irrite vite quand vous lui signifiez aimablement qu’il met en danger les autres. Comme il vous a prévenu, il ne pense pas commettre une erreur. Dans sa logique, c’est donc à vous, piéton ou cycliste, de réaliser toute la difficulté qu’il a à trouver une place de stationnement.

4 commentaires sur “Tentative d’analyse comportementale du stationnement gênant dans le quartier Dunois

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  1. C’est chouette de vous lire ici chez vous ! 🙂 Parfaite synthèse du problème, qui serait presque anecdotique s’il n’était « que » limité à Dunois. Malheureusement, de l’autre côté du boulevard, dans les autres quartiers, dans les autres villes, à toute heure, toute l’année, du lundi au dimanche, c’est la même chose, les mêmes phénomènes que nous subissons. Il me semble que compter sur le civisme a ses limites, et que c’est bel et bien la sévérité et le systématisme des sanctions qui seuls fonctionnent. Or, cela suppose un peu de convictions et de courage politique…

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  2. Je mettrais un bémol sur la « faible offre de stationnement public ». Côté stationnement sur voirie il y a quand même de quoi faire ! Par exemple le stationnement bilatéral des rues Xaintrailles et du maréchal Foch, ou même celui du boulevard de Châteaudun. Il n’y a guère que l’étroite rue Guillaume de Lorris qui ne soit pas dotée de places de stationnement.

    Aimé par 1 personne

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